En 2030, des infrastructures 100 fois plus rapides pour votre vie numérique

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En 2030, des infrastructures 100 fois plus rapides pour votre vie numérique
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C’est la quatrième révolution industrielle. En quinze ans, le digital a révolutionné la majeure partie de nos économies, et représente une occasion unique de moderniser nos sociétés dans les quinze prochaines années. A une condition : disposer de réseaux suffisamment puissants pour suivre le rythme des innovations et rendre possible l’adoption de leurs usages. Le chantier est colossal et nécessite une vraie politique industrielle, et d’importants investissements.

  

LES INNOVATIONS NUMÉRIQUES QUI NOUS ATTENDENT D’ICI 2030

Demain le très-haut débit (THD), après-demain la 5G

L’arrivée du très haut-débit (THD), en partie via la fibre optique, marque un tournant majeur pour nos sociétés. Avec son débit 100 fois supérieur à l’ADSL, elle a permis l’essor de la vidéo haute définition et de la big data. Un plan THD a été lancé en février 2013 par le Président de la République, pour accélérer son déploiement. En mobile, la 4G est désormais largement adoptée et a fait exploser les usages mobiles, vidéo, applications. Selon une étude de Cisco en 2015, les connexions 4G vont être multipliées par trois entre aujourd’hui et 2019. Face à cette inflation et ce besoin de connexion permanente, il faudra repenser l’infrastructure complète des réseaux.  Et passer… à la 5G.

  

La 5G, c’est l’Internet du futur. Cette nouvelle technologie comprendra un accès mobile mais son cœur de réseau fera converger internet fixe et mobile. Une nouvelle architecture qui intègrera directement toutes les ressources informatiques d’exécution et de stockage. Permettant de démultiplier débits et temps de réponses... Autre avantage, il sera capable de mettre en veille les éléments et zones non utilisées, et sera donc peu énergivore. Donnant aux modules de communication ou aux batteries présentes dans les appareils une durée de vie de… quinze ans. Du jamais vu dans les infrastructures numériques.

  

TV UHD, réalité virtuelle, big data… les usages numériques vont être démultipliés

Grâce à ces infrastructures et le débit de données qu’elles permettent, les innovations et nouveaux usages vont être adoptés bien plus rapidement. Florilège :

  • La télévision ultra-haute définition. Il y aura en moyenne 10 écrans par foyer en 2018 et 13 en 2022. Une partie d’entre eux sera en ultra-HD. Le nec plus ultra en termes de qualité d’image va pousser plus loin le plaisir du spectateur ; un son spatialisé qui se répand dans toute la pièce, une multi-vue en qualité jamais expérimentée et même la possibilité d’être en réalité augmentée. La norme commune Ultra-HD, qui conditionnera le fonctionnement des réseaux, devrait être finalisée courant 2016. 
  • Le mobile haute-définition sera le principal bénéficiaire du très haut-débit. Apparue en 2013 grâce à la 4G, la consommation de vidéos sur appareils mobile explose depuis deux ans. Grâce à la THD, les vidéos seront lisibles quasi instantanément, les temps de chargement réduits à moins d’1 seconde pour une photo, 1 minute pour un album de musique, 3 minutes pour un film.
  • La vidéo mobile en direct bénéficie déjà des vitesses de la 4G et du THD : elle commence à exploser sur Periscope ou Facebook. Les entreprises seront également gagnantes et on s’attend à un essor des applications de visioconférence.
  • La réalité virtuelle, grande révolution annoncée de 2016, va bouleverser le monde des loisirs. Oculus Rift, HTC, Samsung se sont lancés ces derniers mois sur un marché grand public qui devrait atteindre 120 milliards d’euros en 2020 selon Digi Capital. Encore dédiée majoritairement aux jeux vidéo, cette technologie a le potentiel pour s’imposer aussi dans des domaines aussi variés que l’architecture, l’entraînement militaire ou le tourisme. Avec un grand gisement de croissance dans les applications mobiles.
  • Les objets connectés. De la brosse à dents à la voiture autonome en passant par les t-shirts capables de mesurer le rythme cardiaque, les objets intelligents inondent déjà le marché. A l’horizon 2035, Orange prédit que chaque objet standard pourra contenir une puce à même de stocker de l’information, de calculer et de communiquer avec Internet. D’ici là, on devrait compter entre 50 et 100 milliards d’objets connectés en 2020, soit 15% de tous les objets. Et ceux-ci devraient générer plus un quart de toutes les données circulant sur la planète. Les réseaux devront supporter un volume de données mobiles mille fois supérieur et connecter de 10 à 100 fois plus de terminaux qu’aujourd’hui pour répondre aux besoins de cet Internet des objets. Pour une utilisation optimale, les débits devraient croître de 100 fois, de l’ordre d’un gigabit/seconde. De nombreux acteurs industriels et gouvernements se penchent désormais sur les technologies permettant le partage de la bande passante entre les usagers et leurs objets connectés. Certains souhaitent même réserver des bandes passantes à l’Internet des objets.

Source : Étude du cabinet Oliver Wyman

  • La ville sera intelligente et connectée.
    La « smart city » touchera tous les domaines de la vie quotidienne, les infrastructures publiques tout d’abord : signalisation, éclairages, gestion des déchets… Grâce à un réseau intelligent de 200 capteurs nichés dans les lampadaires, la chaussée ou les bennes à ordures, Nice a déjà créé le premier boulevard connecté du monde, qui réduit la facture d’électricité et améliore le confort des automobilistes. L’application mobile « Nantes dans ma poche » fournit déjà des informations en temps réel sur la ville aux habitants et touristes... Demain, ces innovations seront généralisées. L’Internet des objets s’invitera jusque dans la gestion des centrales d’eau potable, les réseaux d’énergie, ou dans l’habitat, permettant de contrôler sur son smartphone toutes les commandes de sa maison. Voire son robot domestique…
  •     L’avènement de l’Intelligence artificielle
    Des robots, des machines qui raisonnent et communiquent leurs expériences les unes avec les autres, le scénario n’est plus de la science-fiction. Grâce à la puissance démultipliée des serveurs et des réseaux transportant les données, c’est désormais une simple question de calendrier. Dans une vingtaine d’années viendra l’ère de l’intelligence « ambiante » : les données, la puissance de calcul sera déportée dans tout le réseau, dans chaque terminal. Conséquence, selon les sicentifiques : l’homme sera en mesure de modifier sa propre évolution : génétique, exosquelettes commandés par la pensée… Un des cofondateurs de Google va même jusqu’à promettre sérieusement une vie « augmentée » jusqu’à… 120 ans aujourd’hui, et bien plus d’ici quelques dizaines d’années.

LES RÉSEAUX SONT ESSENTIELS POUR SUPPORTER CES INNOVATIONS

Les infrastructures en France ont des atouts…
Toutes ces usages et applications vont demander des débits exponentiels, et de nouveaux équipements pour les supporter. La bonne nouvelle : la France a toujours eu une longueur d’avance sur ce sujet. Elle a été un des pays leaders dans le développement du réseau ADSL, qui a permis de relier la très grande majorité des Français à un haut-débit de qualité. C’est également le pays qui détient le plus de bornes wifi au monde (plus de 13 millions). Elle est également la championne d’Europe de l’e-gouvernement selon l’Organisation des nations-Unies et la première mondiale sur l’utilisation des services en ligne.

… mais comment à prendre du retard
La mauvaise nouvelle : la France ne suit plus le rythme d’équipement des grandes nations. En 2018, les Etats-Unis et la Chine, aujourd’hui loin derrière, l’auront doublé sur le wifi.  Le déploiement du Très haut débit prend du retard. Seuls 4,5 millions de foyers ont été équipés en très haut débit début 2016 (dont un tiers seulement en fibre optique, de bout en bout), selon l'Autorité de régulation des télécom (Arcep). Sur le mobile également : un tiers du territoire était équipé en 4G début 2016. Résultat, la France recule rapidement dans les palmarès internationaux en matière d’utilisation du très haut débit : 44ème au classement Akamai 2015 avec un débit moyen de 8,9 Mbits/s, soit le minimum pour profiter d’un simple abonnement « triple play » (internet, TV, téléphone). L’Hexagone se classe ainsi derrière l’Espagne (12,1 Mbit/s), la Suède (19,1) ou la Corée du Sud (26,7 Mbits/s).

 

Source : Akamai state of the internet report

 

Or, les infrastructures sont une clé de notre croissance actuelle

Le développement de solides infrastructures numériques a un impact sur la croissance économique. En Corée du sud, le pays où les données circulent le plus rapidement, le numérique représente 10% du PIB, tout comme au Royaume-Uni selon le cabinet McKinsey… En France, c’est 5% de la richesse nationale, et ce sera 7% seulement en 2020, au rythme actuel. Le déploiement d’infrastructures solides et pérennes permettrait au numérique, et donc aux innovations et aux entreprises, d’être plus performants.

 

Connexion-21-Infrastructures-numeriques-PIBSource : Rapport McKinsey 2014

  

Accélérer le rythme d’équipement
Et le temps presse, car notre équipement en infrastructures ne vaudra que s’il se fait au même rythme que celui des autres grandes nations. La majorité des équipements concernent les zones péri-urbaines et rurales où habitent 43% de la population française. 6 millions de kilomètres de fibres ont été installées en 2014, il va en falloir de 8 à 12 par an dès 2016, selon le groupement des industriels et fournisseurs impliqués dans le déploiement de la fibre optique en France. Face au retard, surtout dans les zones les moins denses, un nouveau cahier de charges a été engagé. Les métropoles et régions françaises signent des partenariats avec les opérateurs privés : après Nantes, Lyon et Paris, qui devraient être couvertes d’ici la fin 2016, le Doubs a prévu de raccorder la totalité de ses habitants à la fibre jusqu’au logement en 2024, et l’Auvergne s’est engagée à faire bénéficier deux-tiers de ses foyers de débits de plus de 100 Mbit/s d’ici en 2025.

Augmenter les investissements dans les infrastructures
Pour son Plan Très haut, l’Etat a décidé d’investir 20 milliards d’euros pour raccorder tous les foyers français à la fibre optique d’ici 2023. Un plan qu’il avait lui-même estimé à 30 milliards d’euros. Les économistes de Coe-Rexecode, estimaient, eux, le besoin d’investissements en infrastructure à 50 milliards. Face au retard, 2 milliards d’euros de subventions supplémentaires ont déjà été dégagées par l’Etat et l’Europe. Et c’est sans compter le déploiement de la 5G, qui devra commencer dans les prochaines années pour couvrir les besoins grandissants en données et rester surtout dans le peloton de tête pays européens et mondiaux bien équipés pour profiter de la révolution numérique…

Sur le numérique aussi, la France de demain se décide aujourd’hui.

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